Afin que les parties prenantes de la décision puissent atteindre un consensus dans la compréhension commune d’un système complexe, en identifiant ensemble les éléments–clefs à connaître, leurs caractéristiques propres et leurs liens, nous avons choisi de représenter les concepts de la décision à travers une ontologie d’entreprise pour ses capacités de représentation expressive et flexible.

D’un côté nous assistons à une accélération de l’importance du numérique dans la vie des entreprises, des administrations, des usagers et des clients. De l’autre, nous constatons que la plupart des systèmes d’information d’entreprises ne sont pas assez flexibles pour s’adapter à cette accélération.

En effet, beaucoup d’organisations ont de plus en plus de difficultés à maîtriser réellement leur système d’information et à répondre efficacement et rapidement aux besoins, malgré la professionnalisation des métiers de l’informatique, l’industrialisation de certaines tâches ou la fourniture simplifiée de certains services. Ni le Cloud Computing, ni les référentiels de bonnes pratiques, ni les nouveaux systèmes de conception, ne suffisent à une entreprise pour prendre les bonnes décisions concernant son système d’information, dès lors qu’elle est en diagnostic de fracture numérique.
Ce diagnostic s’impose quand il y a une fracture entre les ambitions d’une organisation à participer pleinement à un monde connecté et aux opportunités du numérique, et ses capacités et ressources pour le faire. Les symptômes caractéristiques en sont les suivants :

Les décisions en matière de Système d’information ne doivent pas être laissées au seul arbitrage des coûts faute de compréhension des systèmes. Il devrait toujours s’agir de décisions d’entreprise, avec une contribution collective et une collecte de toutes les informations nécessaires pour étayer les choix. Sans cela, l’organisation risque la fracture numérique

  • manque de visibilité sur la valeur du SI : ce qu’il est, ce qu’il apporte au regard des buts de l’organisation, ce que sont ses coûts réels,
  • absence de suivi des bénéfices prévus pour les projets qui n’ont pas d’indicateurs de performance en lien avec l’entreprise, ni de mesures régulières planifiées avec des responsables nommés,
  • manque d’implication suffisante de toutes les parties prenantes pour déterminer les nécessités d’évolution des applications du SI ou en valider les directions,
  • manque de structures de responsabilités pré-définies quant à la gouvernance du système d’information.

Tous ces symptômes sont liés et se renforcent mutuellement. En effet, la direction d’une organisation (incluant direction générale et directions métiers) en état de fracture numérique, ne voit pas forcément quels sont les produits ou services importants du système d’information ni en quoi ils supportent les activités de l’entreprise, que ce soit pour une réduction des coûts ou pour une différenciation. Elle en voit au mieux une partie des coûts tout en ayant des difficultés à les rapporter à la couverture de ses besoins. L’activité autour des systèmes d’information ayant échouée à être perçue comme porteuse de valeur ajoutée, elle n’est plus pilotée pour la recherche de cet apport. Le seul levier qui apparaît manipulable au titre de la décision devient la réduction de coût.
Le manque de visibilité couplé à la contrainte de temps de mise sur le marché de certaines offres conduisent souvent à décider, non d’une stratégie numérique, mais, au mieux,de tactiques liées à des solutions technologiques. Or sans une approche méthodique du type dossiers de décision d’investissement (business case pour nos amis anglo-saxons) pour chaque projet, sans bénéfices identifiés en rapport avec les objectifs de l’organisation et ses activités, les résultats des projets des SI ne peuvent qu’être insatisfaisants et leurs produits ne feront que grossir la cohorte des systèmes dont les coûts sont plus visibles que les apports.
Cela dit, les dossiers de décision d’investissement ne sont pas la panacée universelle. Car constitués sans schéma de finalité global, au mieux ils ne servent à rien, au pire, ils sont handicapants en introduisant des processus de décision qui tournent à vide.

Une ontologie est une spécification explicite d’une conceptualisation. C’est un choix dans la manière de décrire un domaine de connaissances, de manière partagée et conceptuelle, qui poursuit un objectif commun, tout en étant exploitable par une machine.

La gouvernance d’un système d’information se décline en fonction de la stratégie d’une entreprise, elle dépend de sa vision, de ses missions, de sa culture organisationnelle. Toutes choses qui permettront de décliner les activités et les processus qui contribueront à atteindre les finalités de l’entreprise.
Pour éviter la fracture numérique, il faut créer les conditions du dialogue pour partager ces éléments clés, avec un système d’aide à la décision qui se base sur une vision multi-dimensionnelle des critères à prendre en compte, qui offre un vocabulaire commun aux acteurs de la décision et une visibilité sur les liens entre les projets, les activités de l’entreprise et les composants du système d’information.
C’est pourquoi l’approche ontologique apporte de quoi soigner la fracture numérique. Car elle pose enfin les questions sur les concepts nécessaires à partager pour pouvoir prendre les décisions indispensables à une exploitation ciblée du numérique et comment ces concepts s’imbriquent et s’organisent pour donner du sens aux décisions prises, par rapport à la finalité de l’entreprise.

En formalisant les questionnements décisionnels sur l’organisation et ses systèmes d’information à travers plusieurs ontologies, nous disposons d’une représentation systémique qui:

  • inclut un vocabulaire normé commun et partagé par les communautés de l’entreprise pour donner un sens unique aux objets métiers représentés,
  • ne préjuge pas d’où et comment sont stockées les données représentées,
  • présente des vues conceptuelles riches aux utilisateurs et est au plus près du langage … naturel de questionnement,
  • est exploitable par les hommes et par … les machines,
  • est très expressive et flexible pour autoriser l’analyse de l’information à des fins de décision,
  • est facilement évolutive.

Une représentation prévue pour le raisonnement

Une ontologie informatique est une forme de modèle de données représentant un domaine de connaissances. Elle est plus expressive et flexible que les vocabulaires normés type thesaurus et taxonomie et que les bases de données structurées, grâce à la définition de règles de grammaire, de liens dynamiques et de l’inférence automatique du raisonnement logique. En utilisant en particulier le standard OWL, on peut aller bien au-delà des relations hiérarchiques entre classes en représentant des relations dynamiques, difficiles à exprimer facilement en SQL ou UML.
Toutes les assertions du modèle en OWL sont sous forme de triplets RDF (« sujet verbe complément » pour exprimer un lien entre concepts) et de ce fait sont incrémentales de par leur nature. Il est très simple d’optimiser ou modifier un modèle (une propriété) après coup en modifiant un seul triplet. Ce qui n’est pas le cas des bases de données. L’ontologie apporte également une classification de l’information, prévue pour le raisonnement. En effet, une classe est définie par des descriptions qui indiquent les conditions pour qu’un individu en fasse partie et on peut calculer dynamiquement l’appartenance à une classe, par des règles d’inférence.

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Les décisions de modélisation de l’ontologie d’entreprise ©Semsimo ont été guidées par le but recherché, fournir une assistance au pilotage par la valeur du Système d’Information de l’entreprise. L’ontologie elle-même, pour couvrir l’ensemble des concepts nécessaires à la prise de décision, rassemble une vingtaine de sous-domaines de connaissances allant de la stratégie de l’organisation à l’infrastructure des SI.

C’est un effort de capitalisation et de formalisation sans précédent du champ décisionnel du Système d’information, orienté analyse de la valeur.

La construction de cette ontologie a été réalisée sous l’éditeur Protégé de Stanford, respecte les standards du Web sémantique, et s’est inspirée de nombreuses ontologies existantes, à des fins de réutilisation et d’ouverture. De plus, elle a été conçue à l’origine pour être aisément opérationnelle. Pour la mettre en œuvre, en l’adaptant aux spécificités de chaque organisation, afin d’obtenir un consensus explicite et un certain niveau de partage par les membres de la communauté, la démarche ©Semsimo prévoit des ateliers d’instanciation avec l’ensemble des parties prenante et une démarche itérative pour l’évolution du modèle. Une fois un premier modèle accepté par les décisionnaires, l’usage d’un portail de type Wiki sémantique facilite la collecte et la restitution des informations, à travers une utilisation quotidienne collaborative et aisée à base de formulaires et de requêtes prédéfinis, sans nécessité pour les utilisateurs de connaitre la modélisation sous-jacente.

Les avantages de l’ontologie ©Semsimo

  • Une modélisation systémique du champ décisionnel du SI, guidée par l’alignement métier
  • Une approche pragmatique de réutilisation et d’ouverture vers d’autres ontologies
  • Une approche des interactions entre les éléments clefs de la décision au cœur du questionnement sur les choix à faire
  • Une perspective résolument de niveau entreprise pour analyser la valeur du SI
  • Une prise en compte des structures organisationnelles, des rôles, des acteurs et des enjeux des parties prenantes
  • Une mise au point spécifique dans chaque entreprise, avec pour seul critère de viabilité, l’utilisation pratique.
  • Une modélisation générique riche pour faciliter le démarrage sur de nombreux périmètres d’usage
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