Interconnectons les savoirs!
|

Mobilisez l’intelligence collective dans les processus décisionnels

Insuffler l’intelligence collective dans les processus décisionnels, par l’interconnexion des savoirs, est un formidable levier de performance. Trop souvent jugé difficile, c’est pourtant un défi raisonnable avec la culture et les moyens structurels appropriés.

Mettre en commun les connaissances est un préalable à la décision

Interconnectons les savoirs!

Aligner les ressources, les activités et les projets d’une organisation avec ses buts. Tel est l’objet des structures et processus décisionnels. Leur efficacité repose sur le développement d’une vision consolidée des enjeux, et la mise en commun de connaissances pluridisciplinaires. Les choix stratégiques nécessitent un diagnostic de situation issu du terrain pour identifier les forces et faiblesses des capacités disponibles.

Pour arbitrer entre projets, il faut en mesurer objectivement, avec toutes les parties prenantes, les bénéfices au regard des enjeux. Il faut également comprendre l’ensemble des besoins et contraintes à traiter et évaluer les coûts, impacts et risques. La pertinence de l’arbitrage dépendra donc du partage des compétences et connaissances des collaborateurs. Encore faut-il l’organiser au juste nécessaire et articulé autour des objectifs poursuivis.

A une époque de transformation numérique, les décisions d’évolution des projets et applications des systèmes d’information requièrent plus que jamais la complémentarité des compétences pour comprendre ce qui est en jeu et comment y répondre.

Cela conduit à explorer des voies nouvelles pour exploiter l’intelligence collective dans les processus décisionnels.

Plus il y a de savoirs à interconnecter et de points de vue à consolider en une représentation objective, plus un mécanisme souple et efficace d’organisation du partage de l’information est à envisager.

Connexion
Connexion – by Rodica Abaluta Licence CC BY-ND-NC 2.0

Organiser le dialogue entre les différents métiers de l’entreprise pour confronter les points de vue et disposer des éléments clés de la décision, c’est une question de culture managériale. Mais maintenir ce dialogue ouvert et dynamique pour nourrir les décisions et tracer leurs effets, nécessite des moyens structurels.

Pour relier points de vue différents et savoirs complémentaires, une représentation des connaissances structurée autour d’un vocabulaire commun facilitera l’intégration et la consolidation pertinente des compétences pluridisciplinaires dans les processus décisionnels. Cette représentation, focalisée sur les éléments clés de la décision et leurs liens, doit être construite de manière participative. Ainsi l’appropriation s’en trouvera facilitée en même temps qu’on créera l’interconnexion entre savoirs. Cette dernière fait la richesse de la performance collective qui permet d’additionner plutôt que juxtaposer les compétences.

Un dispositif collaboratif doit s’ajouter au langage commun ainsi développé pour collecter et restituer les savoirs de façon dynamique.

Il en ressortira en premier, la capacité à répondre aux questions des instances de décision de façon objective, avec les visions consolidées. En second, la traçabilité des décisions et de leurs effets sera possible avec les efforts de tous et nourrira un apprentissage permanent.

Encore faut-il mobiliser les parties prenantes autour de l’usage du dispositif collaboratif pour sélectionner les projets par leur potentiel de valeur.

Décisions
Décisions By Martin Fisch – CC BY-SA 2.0

Le partage de l’information dans une communauté est souvent auto organisé, activé de façon pragmatique en fonction des besoins.

Les outils collaboratifs ne suscitent l’intérêt pour ce partage que s’ils font gagner du temps ou permettent d’apprendre une chose jugée pertinente.

Par conséquent, le dispositif collaboratif décisionnel ainsi constitué mobilisera les parties prenantes à ces conditions.
Ce qui sera le cas s’il leur fournit de quoi:

  • Positionner leurs propres initiatives, projets ou questionnements face aux priorités et aux objectifs qualifiés de l’organisation.
  • Construire et partager un dossier de décision avec les éléments indispensables pour objectiver les choix.
  • Naviguer dans les liens de sens pour disposer d’une vision plus complète de l’organisation, de ses ressources, risques et contraintes.
  • Partager leurs besoins et leurs idées de solutions efficacement dans le processus décisionnel.

En premier lieu, l’organisation doit donc clarifier sa stratégie, ses objectifs, ses structures et critères de décision

Cela, pour initier l’alimentation du processus décisionnel avec des informations non seulement utiles, mais indispensables pour arbitrer.

Ensuite, toutes les parties prenantes doivent accéder facilement à ce dernier. Afin de les faire contribuer aux décisions et à leur en faire connaitre et mesurer les suites en toute autonomie.
Si ces deux conditions sont remplies, alors la confiance et la collaboration suivront.

C’est sans doute plus un défi de transparence pour certaines structures que la complexité a priori d’organisation du partage de l’information hors des silos de savoirs. Quels que soient pourtant les freins initiaux à la transparence, la raison devrait conduire à terme à les faire disparaître. En effet, toutes les organisations ont vocation à améliorer leur performance au regard de leurs objectifs stratégiques. Or la mobilisation de l’intelligence collective au service des décisions est un formidable levier de performance en ce sens. La raison devrait donc conduire le leadership vers la transparence, pour activer ce levier par souci d’efficacité.

Publications similaires

  • |

    Ecosystèmes d’affaires, GAFAM et règles du jeu

    Sommes-nous devant un paradoxe ? Les écosystèmes d‘affaires/d’innovation sont des leviers de développement efficaces. En tablant sur la co-évolution des capacités d’acteurs en réseau, la synergie créée accroit la portée des efforts de tous. La logique d’écosystème, propice à la diversité des intervenants, aboutit à la création de valeur pour l’ensemble des parties prenantes. Néanmoins, dans le secteur IT (Information Technology), elle a construit aussi une situation oligopolistique. Après la convergence des médias et des technologies autour de l’échange d’information, nous sommes à l’ère de l’interaction virtuel-réel. Sur ce nouveau terrain de jeu des affaires, un petit nombre de sociétés ayant réussi à devenir des firmes pivots pour la plupart des usages du numérique, deviennent des super prédateurs.

  • |

    Pour en finir avec le mythe de la tour de Babel numérique

    La langue suit l’évolution des hommes et leurs besoins de communication. Pourquoi en serait-il différemment pour les technologies? Pourquoi y aurait-il un langage universel et unique des TIC? Les deux difficultés de communication inhérentes aux Systèmes d’Information sont entre les parties prenantes et entre les applications Depuis les débuts de l’informatique en entreprise, la complexité des systèmes d’information tient à deux difficultés principales. D’une part, celle de faire communiquer différents acteurs, les parties prenantes des projets, toutes les parties prenantes, clients y compris, ayant des visions et des vocabulaires différents, autour des besoins à satisfaire et des solutions pour y parvenir. D’autre part, celle de faire communiquer les différentes solutions finalement construites. C’est-à-dire des applications ayant des langages informatiques et des vocabulaires de données différents. En effet, cette communication est indispensable pour pouvoir supporter les processus d’échange d’information de l’organisation de bout en bout. La deuxième difficulté découle souvent de la première

  • |

    ERP SaaS : un match en 10 points sans vainqueur

    Si le mode SaaS pour les ERP a bien résolu certaines problématiques, il en a créé d’autres et transposé d’anciennes. Il ne s’agit pas seulement de se libérer de coûts d’investissement, d’exploitation d’infrastructure ou de gestion de la sécurité. D’autant que tout n’est pas toujours aussi rose là où on s’attend à ce que cela le soit. Il y a des atouts indéniables, mais il y a aussi des zones grises. L’article suivant le montre en 10 points, dont 4 atouts et 6 zones grises.

  • Arrêtons de commettre l’impair de la décision!

    Clemenceau disait: « Pour prendre une décision, il faut être un nombre impair de personnes, et trois, c’est déjà trop. » Il sous-entendait que la décision ne pouvait être le fait que d’une personne. Ce qui pouvait se comprendre dans une époque troublée où il a fallu la personnalité hors du commun de Clemenceau, pour incarner un pays et la force de vaincre. Clemenceau était un homme de convictions et de combat, qui savait convaincre, mais aussi réfléchir, et surtout, penser par lui-même, en dépit de ses contradictions. Tout le monde n’est pas Clemenceau et les conditions qui ont fait de Clemenceau « le père de la Victoire », sont celles de son époque. Cette citation du nombre impair devient aujourd’hui inopportune quand elle sert à appuyer un mauvais leadership et des décisions stupides.

  • |

    Le virus TFW s’oppose à une transformation numérique à valeur ajoutée

    l n’y a pas de transformation numérique sans celle des systèmes de management Les entreprises doivent s’adapter à un monde en constante évolution où le numérique et les technologies de communication changent les écosystèmes. On veut désormais des méthodes qui rendent l’organisation auto-apprenante, agile et capable de s’adapter aux évolutions rapides de son environnement. Malheureusement, de nouveaux principes sont adoptés « sans prévoir de changer rapidement les systèmes de management dans lesquels ils opèrent ». On oublie trop que l’exigence de transformation numérique impose aussi de revoir la logique de gouvernance des organisations.

  • |

    Changer de logiciel ne suffit pas …

    Dans le « Monde ne suffit pas », James Bond fait cette réponse à une femme qui dit avoir été prête à le lui offrir. Pour y faire référence, nous pourrions dire également que changer de logiciel ne suffit pas à … changer le monde. Changer de logiciel pour changer le monde? Changer de méthode! Quelle est l’utilité de changer de logiciel quand vous ne savez pas pour quoi faire? Plus précisément, quand vous n’avez pas défini pour quels bénéfices et pour qui. C’est ce qui peut arriver quand vous n’impliquez pas les parties prenantes pour définir l’objectif du changement, non seulement au début, mais tout au long du projet. Il faut arrêter de chercher des solutions avant d’avoir posé le problème correctement

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *